Biographie

Constance de Maistre esquisse des espaces où la trace, l’effacement, le plein, le vide, tentent de révéler le passage du temps au travers d’un sentiment de perte, d’absence et de nostalgie qui pointent le temps qui passe. Les accidents formels et tangibles de la couleur et de la matière, tiennent tout autant leur place dans ces paysages abstraits. 

Constance De Maistre, née en 1966, aborde la peinture avec  une formation de peintre en décor lors d’un changement de vie professionnelle. Née dans une famille de sensibilité artistique, une mère, une grande tante artiste peintre, Constance crée des décors de théâtre, de boutiques et poursuit sa création avec des grands formats de fleurs et d’animaux. 

Le passage à l’école des Beaux Arts de Bordeaux en 2005 va bouleverser sa peinture. Elle découvre la nécessité d’exprimer toutes ses joies, ses douleurs ses sensations  à travers de grandes toiles de paysages abstraits. 

Constance de Maistre tente de figurer l’espace avec ses collages, ses peintures, ses superpositions et ses couleurs. Tout est énergie, vibrations. C’est un travail très intuitif qui ne doit pas reproduire la nature mais transmettre ce qu’elle ressent face à cette nature. Les toiles sont éclairée de tons explosifs, véritable écriture personnelle , pur condensé de sensations et de paysages intérieurs. Ce sont les éléments naturels qui sont la source d’inspiration, les ambiances d’eau, de montagne de campagne. Cette relation avec les lieux grandioses, déserts lumineux

Le sujet n’est pas ce qui est important dans le tableau. La peinture je la commence, elle se transforme. Une certitude, je n’ai pas d’images préimprimées dans ma tête mais souvent un point de départ : des couleurs, un croquis, un carnet, des mots…

Mon nouveau travail aujourd’hui est de peindre dehors , sur de nombreux carnets afin de capturer un moment, une lumière , un mouvement. Quelques couleurs, quelques lignes, quelques croquis, lorsque la ligne du paysage parle.

Peindre dehors c’est peindre vite, sans soucis des détails. On est dans l’évocation, c’est comme une découverte, comme ouvrir des portes , déstructurer des cloisons mentales qui se cantonnent à la représentation de la réalité. c’est une grande liberté. C’est aussi laisser la place à un imaginaire beaucoup plus important et pour celui qui regarde et pour le peintre.  Ce travail en extérieur se décline ensuite sur des grands formats en atelier et tente des reproduire ses moments volés.

Le travail sur le corps part du même processus. Des croquis rapides, sensitifs qui sont ensuite retravaillés sur des grands formats . Le collage et le papier reste toujours présents .

Ce qui m’intéresse dans la peinture c’est qu’elle soit fondée sur une découverte, quelque chose de non controlée. C’est cette maladresse qui donne ce coté accidenté, hésitant et superposé. Je n’arrive pas à la maîtrise, c’est pour cela que je ne fais pas souvent la même chose. Ainsi je n’arrive pas à saturation. C’est toujours un terrain d’expérience nouveau, inconnu et qui peut tout remettre en question.